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Conducteur routier : un métier pénurique

Dans une étude européenne menée conjointement aux Pays-Bas, en Belgique et en France, Randstad se penche au chevet des conducteurs routiers européens. Au total, le Groupe a interrogé plus de 1 500 conducteurs routiers. L'objectif ? Dresser le portrait-robot d'une profession qui manque de bras, les besoins de recrutements se heurtant à un déficit de candidats. Une situation qui explique le caractère pénurique du métier de conducteur routier.


« Cette étude inédite doit se lire à l'aune des difficultés qu'éprouvent nombre d'entreprises à recruter des conducteurs routiers. En leur donnant la parole, l'étude nous permet de cerner leurs motivations et leurs attentes. Elle éclaire aussi les points forts et les critères d'amélioration d'une profession finalement méconnue du grand public qui, souvent, l'appréhende à travers une série de clichés. Ce n'est pas le moindre des mérites de cette étude que de mettre en évidence l'image positive que les conducteurs routiers ont de leur    profession », déclare Caroline Savry, responsable du centre expert conduite sur route chez Randstad.

Conducteur routier, une profession convoitée par les entreprises

En 2011 en France, le nombre de projets de recrutements de conducteurs routiers s'élève à 13 393, selon la comptabilité établie par Pôle emploi dans son étude annuelle sur les besoins de main d'œuvre. Un chiffre en hausse de 11 % par rapport à l'année passée. Près de la moitié de ces projets de recrutements (45 %) sont jugés difficiles par les employeurs, un résultat qui illustre la rareté des candidats.
 
De façon encore plus parlante, sept employeurs sur dix évoquent clairement, pour 2011, une pénurie de candidats alors qu'ils n'étaient que 40 % à l'envisager en 2010. Résultat, faute de trouver des candidats en nombre suffisant, les employeurs misent sur la formation pour parer à leurs difficultés de recrutements.
 
Randstad entend apporter une réponse à ces problèmes en lançant dès janvier 2012 un programme de formation de 200 nouveaux conducteurs.

Une profession très masculine et globalement jeune

Pour mener son enquête, Randstad a interrogé 1 505 conducteurs routiers très précisément, dont 500 en France, 286 en Belgique et 719 aux Pays-Bas. L'étude a été réalisée en ligne au cours de la période allant du 13 janvier au 15 mars 2011.
 
Il en ressort qu'une très grande majorité des conducteurs routiers sont des hommes (93 %), pour la plupart relativement jeunes. Ils sont ainsi 60 % à avoir moins de 45 ans.
 
Les chauffeurs néerlandais se démarquent néanmoins de leurs homologues français et belges dans la mesure où le poids des plus de 45 ans y est plus important : la moitié d'entre eux (49 %) a plus de 45 ans alors que les Français et les Belges affichent des taux de 29 % et 42 % respectivement.

Les motivations des conducteurs routiers passées au crible

? Pour quelles raisons devient-on chauffeur routier ?
Cette question laisse apparaître des divergences selon la nationalité des personnes interrogées. Si près d'un quart (22 %) des conducteurs hollandais estiment exercer un métier agréable, seuls 10 % des chauffeurs français mettent en avant cet aspect.
Ceux-ci  choisissent plus volontiers le plaisir de conduire (19 %) et la possibilité d'être son propre patron (14 %). Les Belges, dont 13 % plébiscitent la liberté que leur procure ce métier, font cependant montre de plus de pragmatisme, en étant 11 % à avoir choisi ce métier parce qu'il permet de gagner de l'argent.
 
? Quels avantages le métier de conducteur routier procure-t-il ?
Deux notions en particulier ressortent chez les personnes interrogées, à savoir l'indépendance et l'intérêt du travail. Hollandais, Belges et Français s'entendent sur ces deux critères lorsqu'il s'agit de lister les principaux points d'attrait de leur métier. A noter que les Hollandais se détachent en plaçant la liberté en tête des avantages liés au métier de conducteur routier (26 %). A l'opposé, seuls 4 % d'entre eux citent le salaire comme un élément attractif, alors que pour 12 % des Belges et 10 % des Français, la rémunération est un élément important.
 
? Quel regard les conducteurs routiers portent-ils sur leur métier ?
La réponse est unanime, c'est un sentiment de fierté qui domine les esprits ! Qu'ils soient Belges, Hollandais ou Français, les conducteurs routiers éprouvent de la fierté à exercer leur métier. Cela est vrai des Français à 75 %, mais encore plus des Belges (81 %) et des Hollandais (82 %). Résultat, une majorité des chauffeurs interrogés s'estiment satisfaits de leur vie. Si « seulement » deux chauffeurs français sur trois se déclarent satisfaits (66 %), ils sont 78 % à l'être en Belgique contre 85 % aux Pays-Bas.
 

Des axes d'amélioration pour renforcer l'attractivité du métier

? Quelles sont les principales causes d'insatisfaction ?
Au premier rang des motifs d'insatisfaction avancés par les personnes interrogées figurent les horaires et le salaire. S'agissant des horaires, il est vrai souvent contraignants, ils sont la principale cause d'insatisfaction des Français (14 %) et des Hollandais (12 %). Les Belges ferment la marche avec 8 %. Pour ces derniers, le niveau du salaire constitue le principal grief mis en avant (13 %), devant les Français (12 %) et plus encore devant leurs homologues néerlandais qui y attachent nettement moins d'importance (6 % seulement).  
 
? Quel sens la hiérarchie donne-t-elle à mon métier ?
Si une grande majorité des chauffeurs routiers interrogés estiment que leur manager reconnaît et apprécie leur travail, moins d'un sur deux (46 % en France et 44 % en Belgique) juge qu'il lui donne un sens. En Hollande, cette part tombe même jusqu'à 38 %. Résultat, plus d'un conducteur routier sur deux ne s'estime pas être suffisamment considéré par ses supérieurs (52 % en France).  
 
? Comment s'est passée mon intégration dans l'entreprise ?
L'étude met au jour une intégration à perfectionner. Au global, près de la moitié des conducteurs routiers (2 sur 5) n'ont pas été pris en charge (présentation de la société, initiation…) lorsqu'ils ont rejoint leur employeur. Cette absence d'intégration concerne même deux chauffeurs français sur trois (67 %). De façon générale, les Français sont ceux qui déplorent le plus le manque d'accompagnement dont ils ont fait l'objet au moment d'intégrer leur société. Ce déficit d'accompagnement se traduit par l'absence tant d'objectifs à atteindre (63 % des Français) que d'informations relatives aux possibilités d'évolutions dans l'entreprise.
 
? Malgré des points d'inquiétudes, une vision positive de l'avenir
Invités à juger leur situation professionnelle et son évolution dans le temps, Français, Hollandais et Belges partagent une même conviction, marquée du sceau de l'optimisme : tous pensent en effet que leur situation au travail s'améliorera dans les cinq années à venir.  Alors que les Néerlandais se distinguent par un optimisme qui croît au fil des années, les Français font bande à part en portant le regard le plus sévère sur leur situation professionnelle actuelle. Selon eux, elle s'est fortement dégradée par rapport à ce qu'elle était cinq ans auparavant. Un jugement qui ne les empêche cependant pas d'être optimistes pour l'avenir.

Zoom sur l'éco-conduite

L'éco-conduite est rentrée dans les mœurs ! Il ressort de l'étude Randstad que les conducteurs routiers belges, français et hollandais sont des bons élèves en matière de conduite respectueuse de l'environnement. Ils sont une très grande majorité à en adopter les principes et à s'y tenir.
 
Cocorico ! Les conducteurs français peuvent se targuer d'être les premiers de la classe dans l'application de l'éco-conduite. Ils sont, de loin, ceux qui entretiennent le plus souvent leur véhicule tout en effectuant les contrôles nécessaires avant de prendre le volant (90 %).


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