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La vérité sur les classes préparatoires aux grandes écoles d'ingénieurs

Lors du passage de la loi Fioraso à l'Assemblée Nationale les députés ont voté un amendement visant à rendre les classes préparatoires payantes. Certains y ont vu l'occasion de relancer le débat sur les Classes Préparatoires aux Grandes Écoles (CPGE). Elles ont été qualifiées d'élitistes, décrites en vecteurs d'inégalités sociales, et par conséquent comme principales responsables du bilan social de la filière ingénieur.

En réalité, les CPGE font partie des rares modèles vertueux d'enseignement qui proposent une véritable égalité des élèves face à la formation, sans distinction d'origine sociale.

 

interrogationEn effet, l'enseignement en CPGE scientifiques est une des formations les plus encadrées que nous possédions en France, encadrement notamment permis par les interrogations orales qui ont lieu deux fois par semaine, en groupe réduit de trois élèves maximum. Ces interrogations plus communément appelées "khôlles" sont une occasion pour les élèves d'établir un contact privilégié avec l'enseignant, offrant d'une part un espace d'échange pédagogique d'une extrême qualité, mais également deux jalons par semaine permettant aux équipes pédagogiques de repérer les élèves en difficulté. Cette qualité d'encadrement profite aussi bien aux élèves issus des milieux aisés qu'à ceux issus de milieux plus modestes.

 

C'est probablement la raison pour laquelle les organismes de soutien scolaire n'arrivent pas à pénétrer le marché des CPGE scientifiques ; il n'y a tout simplement pas de marché et seule une partie infinitésimale des élèves de CPGE ont recours à leurs services pour des résultats rarement probants. L'encadrement entièrement assuré par la structure pédagogique publique que constituent les CPGE est une véritable garantie de l'égalité des élèves face à la formation et la réussite.

En revanche, si l'on cherche des périmètres de l'enseignement supérieur qui ont été investis par les organismes de soutien scolaire privés, on trouvera principalement des filières universitaires dans lesquelles il devient presque impossible de réussir sans suivre, en parallèle de la formation à l'université, une préparation coûteuse proposée par un organisme privé. Ce sont parfois les universités elles mêmes qui proposent ces préparations privées. Est ce vraiment là le système égalitaire vertueux auquel certains voudraient nous faire croire ?

 

La preuve que les CPGE scientifiques préservent l'égalité des chances, mieux encore que les autres structures, est la réussite de l' intégration à la filière Biologie, Chimie, Physique et Sciences de la Terre (BCPST) des écoles vétérinaires. Ce changement de mode de recrutement a conduit a une nette amélioration du bilan social des écoles vétérinaires.

De plus, l'échec au concours d'entrée en école vétérinaire n'est désormais plus synonyme de décrochage scolaire grâce aux alternatives proposées par les écoles d'agronomie et de géologie présentes sur ce même concours. Cette intégration des écoles vétérinaires à la filière BCPST introduit donc un double progrès pour l'élève : un progrès social et un progrès pédagogique.

 

Par ailleurs, le mode de recrutement des élèves en CPGE garantit lui aussi l'égalité de traitement sans distinction d'origine sociale puisqu'il se fait sur dossier scolaire où seule l'excellence du profil est prise en compte. Alors certes, l'admission en classe préparatoire fait l'objet d'une sélection, mais cette sélection possède d'une part le mérite d'être assumée, d'autre part de préserver une certaine justice sociale.

Il serait vain de prétendre qu'il n'existe pas de sélection à l'université, le premier cycle universitaire est une véritable machine de tri en trois ans. Il suffit de comparer les inscriptions en L1 aux inscriptions en L3 pour voir émerger un ratio de tri souvent alarmant pouvant monter jusqu'à un pour dix. Combien d'élèves ont été perdus en route ?

C'est un préjudice terrible pour l'étudiant que l'on place en situation d'échec en repoussant l'échéance de la sélection au jour de son décrochage scolaire. C'est aussi un poids économique pour notre société qui a le mérite d'offrir la gratuité de l'enseignement ; et pour combien de temps encore ?

 

Les comportements qui mettent en péril la gratuité de l'école au nom de l'égalité entre les élèves ne sont-ils pas paradoxalement eux-même vecteurs d'inégalités sociales? Si la diversité sociale est légèrement plus faible qu'en licence (25% de boursiers contre 33% en licence), la tendance s'inverse en second cycle avec 28% de boursiers parmi les élèves ingénieurs contre 22% parmi les élèves de Master.

Ainsi, les CPGE scientifiques portent leurs élèves du niveau Bac jusqu'au diplôme d'ingénieur avec un taux de réussite de 85%, en garantissant l'égalité des élèves face au recrutement et face à la formation.

 


Enfin, ceux qui reprochent à la filière ingénieur son bilan social et son manque d'ouverture oublient que les ingénieurs issus des CPGE ne représentent que 39% des ingénieurs. La diversité des profils est un sujet dont le monde ingénieur s'est emparé depuis bien longtemps. Convaincu que c'est de la diversité que naissent l'innovation et le progrès, les écoles d'ingénieurs s'ouvrent de plus en plus à de nouveaux viviers d'élèves.

A en croire les chiffres du chômage : entre 4% et 7% en sortie d'école contre les tristes 25% de chômage chez les jeunes, la formation d'ingénieur semble être en adéquation avec les besoins du marché, ce qui confirme l'intelligence de ce choix d'ouverture.

 


Bien que nul système ne soit parfait, les vertus des CPGE scientifiques en matière de promotion sociale sont une certitude, car elles constituent les dernières structures publiques dont l'encadrement ne laisse aucune place à des organismes tiers. De plus, l'absence quasi totale de décrochage des élèves dans ces structures garantit l'efficience de l'investissement que l'État place dans la formation de l'élève, avantage essentiel à l'heure des discussions sur la réduction de la dépense publique.

 

Le BNEI (Bureau National des Elèves Ingénieurs) est d'ailleurs convaincu que les formations qui possèdent un fort taux d'échec mettent en péril la gratuité de notre système scolaire. Cette gratuité est la première des conditions nécessaires aux dynamiques de promotion sociale, c'est pourquoi nous nous devons de la préserver. N'oublions pas qu'il s'agit ici de fonds publics, c'est donc en faisant montre d'une gestion irréprochable et optimale de ces fonds que nous saurons garantir la pérennité de notre système.

 

BNEI


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