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La « bulle » des formations environnementales

Les sortants des formations liées à l'environnement rencontrent plus de difficultés d'accès à l'emploi que leurs homologues issus d'autres spécialités. En cause, une offre de diplômés qui dépasse les besoins des entreprises. Ce constat général masque néanmoins des différences selon les niveaux et le contenu des formations.

 
La croissance de l'emploi environnemental ne suffit pas à absorber les quantités toujours plus importantes de diplômés dans le secteur. En 2008, l'emploi environnemental dans les éco-activités représentait 405 000 emplois, soit une hausse de 2,9 % par rapport à 2007, pour une évolution de 0,6 % pour l'ensemble des emplois en France. Malgré la crise économique, le secteur est resté très dynamique : les emplois sont en hausse rapide, de 3 % en moyenne annuelle de 2004 à 2008, contre un peu moins de 1 % pour l'ensemble des branches de l'économie. 

Toutefois, après avoir connu une baisse entre 2005 et 2007, le nombre de demandeurs d'emploi dans l'environnement a de nouveau augmenté en 2008 (+ 1,8 %), et cela plus rapidement que l'ensemble des demandes (+ 0,7 %). En 2009, la dégradation de la conjoncture a fortement accentué la hausse des demandes d'emploi sur les métiers environnementaux (+ 27 %). 

Simultanément, on assiste à une véritable explosion de l'offre de formation dans le domaine de l'environnement, débouchant sur une arrivée massive de ces jeunes diplômés sur le marché du travail. Ainsi, si 10 700 jeunes sont sortis des formations environnementales en 2004, ce sont 50 000 élèves et étudiants qui sont inscrits à la rentrée 2007-2008 en dernière année de formation. 

Les sortants des formations environnementales s'insèrent globalement moins bien que les autres sortants de formation initiale. Leur probabilité d'accès rapide et durable à l'emploi est de 35% inférieure aux sortants de l'ensemble des formations. La probabilité d'être durablement en dehors de l'emploi est également plus forte. En moyenne entre 2004 et 2007, les jeunes sortants des formations environnementales ont passé 8 mois au chômage contre 5.7 mois pour les jeunes de l'ensemble des formations.
 
Il semble donc que nous assistions effectivement à un phénomène de « bulle ». L'offre de formation et le nombre d'étudiants ont fortement augmenté ces dernières années. Cette offre semble ainsi répondre à un « verdissement » des aspirations de la société, ou tout du moins des jeunes qui s'orientent fortement vers ces programmes, des enseignants qui les conçoivent, des ministères qui les valident, des discours politiques qui les portent. L'emploi correspondant n'a pas suivi au même rythme et nous assistons à un véritable désenchantement lorsque ces jeunes sont confrontés à la réalité du marché du travail. L'absence de hiérarchie claire des niveaux de diplôme pour l'insertion professionnelle confirme qu'aujourd'hui l'adéquation entre l'offre et la demande de travail n'est pas mûre. Il convient alors de se demander si cette bulle va se résorber d'elle-même, ou si l'on va assister à une maturation du secteur dans les prochaines années. C'est en tout cas souhaitable pour l'insertion des jeunes ayant suivi ces formations.
 
Auteurs : Etienne Campens - (Centre d'études et de recherche du groupe ESC Clermont, centre associé régional du Céreq pour la région Auvergne) - Olivier Aznar - (CEMAGREF, UMR Metafort, Aubière) et Thibaud Mazerm  (Centre d'études et de recherche du groupe ESC Clermont)

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