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Pascale Ribon, directrice de l’ESTACA

 Les femmes sont encore trop peu nombreuses à s'engager dans les formations ingénieur surtout dans le domaine des transports. Pourtant, Pascale Ribon, directrice de l'ESTACA, est persuadée qu'elles ont leur rôle à jouer dans les nouvelles problématiques de la mobilité. Davantage de femmes à des postes clefs du secteur permettrait l'émergence de solutions innovantes pour répondre aux nouveaux défis sociaux, économiques et environnementaux.

« Le monde des transports est un monde très masculin pour diverses raisons qui tiennent à son histoire : l'attrait pour la puissance des voitures, symbole de virilité, le goût de la mécanique, la passion de la vitesse, etc. Mais ce monde change, il passe d'un modèle dominé par la production d'objets industriels (les voitures, les trains, les avions...) à un modèle de services où l'enjeu est de produire de la mobilité pour les gens comme pour les marchandises, via des systèmes intégrant des véhicules de plus en plus intelligents et communicants. C'est l'exemple du vélib : les parisiens se sont mis au vélo parce qu'on leur a mis à disposition un système complet, pensé pour s'adapter à tout type d'utilisation (abonnements à l'année ou momentané, facilité d'usage, fiabilité d'accès au service,..). Une distribution générale de vélos aurait été bien moins efficace.

A une échelle plus large, c'est tout l'enjeu du système de transport qui va accompagner le développement du « Grand Paris », porté par le projet de loi en cours de discussion au parlement. Il faut penser un système intermodal qui s'adapte aux besoins très variés de tous les franciliens.

Les femmes, de part leur mode de vie actuel, qui les fait jongler avec des emplois du temps compliqués entre vie familiale et professionnelle, sont souvent davantage confrontées que les hommes à la multiplicité des besoins de mobilité. En plus grand nombre dans les équipes des bureaux d'études, des comités de direction et des conseils d'administration, elles permettraient une évolution culturelle plus rapide. Elles favoriseraient l'émergence de solutions innovantes dont notre société et notre industrie ont besoin.

Il faut donc agir dès le secondaire pour attirer les filles vers les formations d'ingénieurs et notamment vers le secteur de la mobilité où elles sont encore très minoritaires. Il faut vaincre certains stéréotypes pour susciter de nouvelles vocations scientifiques chez les jeunes filles. C'est l'objectif de l'association « Elles bougent », partenaire de l'ESTACA, qui crée des liens entre lycéennes et femmes ingénieur pour montrer qu'il n'y a pas de métiers réservés à un sexe ou à un autre et que l'industrie a besoin des femmes.

Par ailleurs, il faut développer la présence des femmes dans les instances de décisions industrielles et publiques, y compris par une politique de quota pour commencer. C'est aussi à travers l'instauration d'obligations que les choses pourront évoluer plus rapidement.»


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